Filed under: Happy Blending | Tags: aiguille, ascension, cadre, contexte, esthétique, exposition, expressionnisme allemand, Figure Clef, Histoire, lumière, Mise en scène, modèles, Mouvement, parallèle, promenade, séquence, scénario, sphère, Symbolisme, transparence
mots clefs:
Aiguille / Sphère; Cadrage; Contexte historique (aussi ici); Enchaînement des plans / Montage; Fiction / Drame; Fonctionnalité; Jeu optique / Irrégularités; Modèle hollandais; Ouverture, transparence, modernité; Promenade décomposée, complexité de circulation; Scénario; Symbolique de l’escalier; Transition
Filed under: NY est-elle cinéma | Tags: bloc, Friedman, grille, image, infini, mégastructure, Mise en scène, Mouvement, pont, réseau, utopie
ou de la démystification de Manhattan
Solid States : Changing Time for Concrete, à New York
« Du 1er au 3 octobre 2008 et pour la 2ème année consécutive, l’Ecole d’Architecture de Columbia a organisé sa série de conférences sur les matériaux. La conférence « Solid States : Changing Time for Concrete » a mis le béton à l’honneur. En partenariat exclusif avec Lafarge, architectes, ingénieurs et universitaires de renom se sont retrouvés autour du béton et ont évoqué ses évolutions futures et ses potentialités à une époque d’urbanisation effrénée. » extrait du site de Lafarge
Le “Pont Mégastructure d’accueil” aux Etats-Unis. Icône de la ville verticale par ses tours, la mégalopole américaine se couche et profile sur son fleuve des ponts qui deviennent habitations, salles municipales, espace public,…



Largement inspiré du projet de Yona Friedman (on peut aussi penser à Archigram, Instant City et Plug-In City entre autres), cette mégastructure pensée par Marc Mimram part d’un constat simple : la terre et l’air de l’île de Manhattan sont colonisés, mais le fleuve reste encore à exploiter. La solution proposée permettrait de profiter de cette zone encore vierge.
Des ponts habités en résille de béton surplomberaient les fleuves de Manhattan, grâce à de larges poteaux. Puis sur cette résille viendrait se fixer des modules au potentiel tri-dimensionnel où seront inclus toutes sortes de programmes (on se rapproche ici de la signification de la grille de Manhattan, les blocs étant des modules mais verticaux). Les ponts permettraient des points de vue nouveaux sur Manhattan, une mise en scène tout à fait inédite.
Cependant, si ce projet ne regarde que Manhattan sans vraiment la faire évoluer, le nouveau point de vue ne sera qu’un cliché vieilli de plus de l’île aux gratte-ciels. Cette nouvelle approche peut devenir intéressante si les ponts viennent au cœur de la ville, et créent des connexions entre les réseaux qui donnent lieu à de nouveaux centres d’intérêt. Manhattan redeviendrait alors cette ville en constante évolution, toujours à la conquête d’un inatteignable infini.
C’est là le principal problème des images de Mimram, bien qu’encore utopiques, les ponts s’arrêtent là où commence la ville.




Filed under: NY par le cinéma | Tags: aventure, King Kong, Koyaanisqatsi, landmark, Meurtre, Mouvement, profit
ou le déclin du manhattanisme

1933 1976 2005
La série des King Kong commence en 1933 et se termine en 2005. Bien qu’à chaque une fois une partie du film se déroule hors de New-York, le dénouement se situe sur un symbole de Manhattan.
Il est intéressant de remarquer l’évolution dans le choix de ces symboles. Dans le premier King Kong, l’Empire State Building, alors fraîchement construit, sert de promontoire pour le roi de Skull Island. Mais dans le deuxième (1976), le primate se sert des Twins Towers du défunt World Trade Center. Dans le film, ceci se justifie par une analogie entre les deux tours et le milieu naturel de Kong. Par cette évolution, on remarque une ville en perpétuel mouvement dont l’image retranscrite dans le cinéma est constamment réactualisée.
Ce rapport un peu opposé au passé se voit tout au long du film. Celui-ci fait bien sûr référence à son prédécesseur, néanmoins ceci se fait d’une façon plus ironique et satyrique, que dans la continuité du premier King Kong.
>L’expédition cinématographique devient une vulgaire prospection pour une compagnie pétrolière.
>Le rapatriement du singe ne sert plus à émerveiller le public, mais à démontrer la puissance contenue dans l’essence de cette même compagnie.
>L’intérêt pécuniaire prime sur la personne.
>…
On est donc bien dans une critique de Manhattan, qui s’est construite quasiment uniquement par le profit que pouvait en tirer les promoteurs. On rejoint ici la vision déjà développée dans Koyaanisqatsi, d’une ville machine impersonnelle. Que l’on peut nuancer de la même manière, avec les landmarks qui redonnent une dimension humaine à cette ville.
Avec le dernier opus, on découvre une version figée de la ville, qui n’a pas évoluée en 70 ans. En effet, le King Kong de 2005 reproduit à l’identique son aîné de 1933. Il en reprend les mêmes clichés, les mêmes images, pour en faire une version qui n’a de plus aboutie que la technique (qui fait perdre toute la poésie du premier opus). D’un coup, Manhattan est devenue cette image vieillie par le temps, qui n’arrive plus à évoluer architecturalement. Ce sont ces mêmes landmarks qui, en donnant une dimension humaine, ont fixé la ville.
Un bâtiment, comme le décris Bergson, possède une « immobilité saisissante ». Toutefois, si l’on on introduit l’idée de rythme dans un objet architectural, on peut aller plus loin et admettant que ce rythme lui-même est constitué de flux et de mouvements. Pour faire simple, l’objet est immobile mais notre perception et notre expérience de ce-dernier est continue et donc mobile.
« C’est dans la durée que notre représentation habituelle du mouvement et du changement nous empêche de voir. Si le mouvement est une série de positions et le changement une série d’états, le temps est fait de parties distinctes et juxtaposées. Sans doute nous disons encore qu’elles se succèdent, mais cette succession est alors semblable à celle des images d’un film cinématographique : le film pourrait se dérouler dix fois, cent fois, mille fois plus vite sans que rien fût modifié à ce qu’il déroule ; s’il allait infiniment vite, si le déroulement (cette fois hors de l’appareil) devenait instantané, ce seraient encore les mêmes images. La succession ainsi entendue n’ajoute donc rien ; elle en retranche plutôt quelque chose ; elle marque un déficit ; elle traduit une infirmité de notre perception, condamnée à détailler le film image par image au lieu de le saisir globalement. Bref, le temps ainsi envisagé n’est qu’un espace idéal où l’on suppose alignés tous les événements passés, présents et futurs, avec, en outre, un empêchement pour eux de nous apparaître en bloc (…) »
Henri Bergson, La pensée et le mouvant, Introduction, Ière partie
(Paris, P.U.F. Quadrige, 1990, p. 9-10)
Une image au cinéma n’est jamais fixe même lors d’un plan séquence puisque cette même image se décompose en plusieurs « cellules d’image » qui s’enchaîne à une vitesse folle pour n’en produire qu’une unique. L’immobilité au cinéma n’est qu’une illusion c’est le cas à New York. La stabilité que procure la trame à permis à la ville de se construire dans un système de blocs, à la fois autonomes et interdépendants. Sans parler de « congestion » ou de frénésie de la circulation, il existe un mouvement perpétuel contenu dans le renouveau incessant des scénarios architecturaux; il réside également dans leur capacité infinie à renvoyer au passé comme à tutoyer le futur. La mobilité est une notion qui touche aussi bien à la spatialité qu’a la temporalité. L’architecture de New York se fixe dans une temporalité « mouvante », une temporalité qui se revendique d’elle-même, se décompose, se reconstruit, se réinvente sans cesse.
Cette question de la temporalité et de la mobilité dans l’architecture New-Yorkaise à été traité par Andy Warhols dans « Empire »(1964) qui consiste en un plan séquence de 8heures et 5 minutes de l’Empire State Building.
