où nous traiterons de la qualité scénaristique inhérente à la ville.
Plus qu’un simple système d’influence réciproque, c’est une relation fusionnelle qui unie le cinéma à l’architecture dans la façon qu’ils ont d’adopter un langage commun (intrigue; élément déclencheur; apothéose; dénouement). L’architecture est porteuse d’une qualité scénaristique intrinsèque qui se révèle par le prisme du cinéma. On peut même aller jusqu’à dire que ce-dernier transcende cette qualité scénaristique puisqu’elle va instaurer des systématismes de représentation des villes (et notamment New York). Des interactions continues lient espaces et narrations, formes urbaines et scripts, donnant ainsi l’impression que la clé de ce qui fait sens dans cette ville derrière ses apparences se trouve au cinéma.
A ce sujet on pourrait parler des rues de Manhattan qui possèdent toute les qualités pour devenir une “figure clef”. La rue (prise comme un élément urbain indépendant) réussi la prouesse d’associer réalité-tradition historique (comme la question de la congestion par exemple) et fiction à caractère symbolique (lieu d’introspection, mythe de l’errance, solitude du héro…). Les grandes réflexions, les soudaines prises de consciences, les décisions capitales jaillissent cette rencontre entre la solitude de l’acteur et le caractère envoutant de la rue.
A première vue, on décèle un paradoxe évident entre la réalité de la congestion et le caractère d’errance solitaire que confèrent les cinéastes à la rue. Cependant, on peut se demander les cinéastes n’ont pas justement souhaité jouer sur ce décalage pour magnifier la fiction, à savoir, la prise du distante du héro sur une ville qui le dépasse, le contraste entre l’infime rouage de la vie du héro et celle de la ville de fer ? On peut ainsi se demander si la force du symbole nait du décalage entre l’activité frénétique de la congestion et la légèreté du flâneur par exemple. De ce décalage naitrai toute la force du scénario, la matière nécessaire à l’intrigue.